Niveau requis pour réussir le GR20 : découvrez nos conseils de préparation !

La majorité des abandons sur le GR20 surviennent avant la moitié du parcours. Les statistiques montrent que l’entraînement physique seul ne garantit rien : l’adaptation mentale et la gestion de l’alimentation jouent un rôle tout aussi décisif.

Certains terminent malgré un niveau sportif moyen, grâce à une préparation méthodique et des choix logistiques pertinents. À contrario, des athlètes expérimentés échouent faute d’anticipation sur des détails pratiques ou de méconnaissance du terrain.

Le GR20, un défi à la hauteur de sa réputation

Le GR20 déroule ses 180 kilomètres de sentiers du nord au sud de la Corse, entre Calenzana et Conca. Classé parmi les itinéraires les plus redoutables d’Europe, il intrigue autant qu’il impose le respect. Chaque étape à travers le parc naturel régional de Corse expose le marcheur à des décors changeants, où lacs perchés, arêtes minérales, forêts de pins laricio et paysages de pozzines se suivent, sans trêve ni facilité.

Le parcours se divise nettement en deux parties. Le GR20 Nord, de Calenzana à Vizzavona, accumule un dénivelé positif conséquent et requiert une attention technique de tous les instants : crêtes exposées, pierriers traîtres, passages vertigineux et le fameux goulet de la Brèche de Capitellu. Plus au sud, entre Vizzavona et Conca, les reliefs se font moins abrupts, mais le GR20 ne se laisse pas domestiquer : les étapes se déroulent sur des plateaux, à travers des bois, et traversent le Coscione et ses prairies humides.

Voici ce que chaque journée impose sur le GR20 :

  • des marches étirées sur 6 à 10 heures,
  • des franchissements de plus de 1000 mètres de dénivelé positif,
  • des refuges parfois éloignés ou réduits à l’essentiel.

Affronter le Cirque de la Solitude, atteindre le Monte Cinto ou serpenter vers les aiguilles de Bavella réclame une gestion attentive de l’effort, du rythme et de l’état d’esprit. Réussir le GR20, c’est conjuguer endurance, adaptation au terrain corse et capacité à s’ajuster aux humeurs soudaines de la météo.

À qui s’adresse vraiment le GR20 ? Comprendre les exigences physiques et mentales

Le GR20 ne se prête pas aux demi-mesures. Ce sentier sollicite une préparation physique sérieuse et une stamina à toute épreuve. Les étapes s’enchaînent sous le signe de la pente, de la caillasse, des descentes raides et des passages où l’on s’accroche, parfois littéralement. La force musculaire, la récupération et la capacité à encaisser la fatigue sont décisives pour avancer jour après jour sans plier sous la lassitude.

Mais la vraie différence se joue dans la tête. Sur place, c’est la solidité mentale qui maintient le cap : savoir composer avec l’inconfort, la météo capricieuse, la solitude ou les imprévus. Même les sportifs aguerris peuvent se retrouver pris de court, si la motivation vacille ou si la monotonie s’installe. Apprendre à composer avec la lassitude, à gérer la contrariété, à accepter le doute : voilà qui pèse autant que les kilomètres avalés.

Atteindre le bout du GR20 demande donc de réunir :

  • une expérience éprouvée de la montagne et du trek de plusieurs jours,
  • une préparation physique spécifique où l’endurance, la force et la souplesse se complètent,
  • la capacité à écouter et comprendre ses propres limites pour éviter la blessure,
  • une motivation tenace, capable de traverser les moments de flottement ou de solitude.

Sur ce sentier, le niveau requis ne se mesure pas qu’en chiffres. Le secret se niche dans la gestion précise de ses forces, de sa lucidité comme de ses réserves mentales.

Préparation efficace : conseils concrets pour s’entraîner et progresser

Mettre toutes les chances de son côté sur le GR20 commence par une préparation physique adaptée, pensée pour les particularités du parcours corse. Il s’agit de construire un plan d’entraînement à la fois progressif et ciblé : alterner des randonnées longues sur terrain accidenté, des sorties en montagne, et des séances axées sur l’endurance et le renforcement musculaire. Le mieux reste de se rapprocher des conditions réelles : marcher régulièrement avec un sac de 8 à 12 kg, ajuster le matériel, habituer son corps à la charge et aux frottements. Mieux vaut la régularité qu’une intensité épisodique : trois sorties par semaine, dont certaines avec du dénivelé marqué, préparent efficacement aux exigences du terrain.

L’alimentation et l’hydratation s’avèrent tout aussi décisives. Sur plusieurs jours de marche, le corps réclame un carburant adapté : privilégier les glucides complexes, les protéines, les fruits secs et les oléagineux. Boire avant d’avoir soif, anticiper la rareté de l’eau sur certaines portions du GR20, fait partie des réflexes à adopter.

La récupération et la souplesse sont trop souvent négligées. Étirements, sommeil de qualité, attention portée aux petits signaux de fatigue ou douleurs limitent les risques de blessure. Évoluer sur des sentiers techniques, marcher sous la chaleur ou franchir des passages exposés, tout cela se prépare. Beaucoup recommandent de tester son endurance sur deux ou trois jours consécutifs de marche, pour se confronter à la répétition de l’effort.

Enfin, il est indispensable de valider son équipement dans des conditions variées. S’assurer que le sac reste confortable après plusieurs heures, que les chaussures tiennent la distance sur les cailloux, que chaque élément du bivouac remplit son rôle. L’idéal est de tout avoir testé avant d’attaquer la montée vers Ortu di Piobbu au départ de Calenzana.

Groupe de randonneurs au refuge sur le GR20 en montagne

Équipement, astuces logistiques et partages d’expériences pour partir serein

Un sac bien pensé fait toute la différence sur les sentiers du GR20, où chaque gramme pèse à la longue. Pour affronter les 180 kilomètres et plus de 11 000 mètres de dénivelé cumulé, il faut viser un poids total (eau comprise) de 8 à 10 kg. Miser sur des vêtements techniques, un coupe-vent fiable, une polaire légère et une paire de chaussures déjà éprouvées sur terrain accidenté s’impose. Le choix d’une tente et d’un matelas dépendra surtout de votre autonomie : ceux qui réservent systématiquement les refuges du parc naturel régional corse pourront alléger leur chargement.

Sur le GR20, le soleil frappe fort. Il convient de se protéger avec une casquette, des lunettes à indice UV élevé et de la crème solaire. Le temps change vite, passant de la canicule à la pluie ou la brume. Un kit de premiers soins, des pansements pour ampoules, une bande de contention pour les douleurs aux genoux et une couverture de survie sont des compagnons qui ne doivent rien au hasard.

Côté organisation, voici comment anticiper les impondérables :

  • réserver à l’avance les refuges ou emplacements de tente sur le site du parc naturel régional corse, surtout si vous partez en pleine saison,
  • planifier votre arrivée à Calenzana ou Conca en combinant bus, train ou taxi depuis Calvi, Bastia, Ajaccio ou Porto-Vecchio,
  • depuis le continent, miser sur les liaisons Corsica Ferries ou l’avion pour rejoindre l’île,
  • préparer une solution de repli en cas d’interruption du parcours : accès routier, points d’évacuation, voire hélicoptère dans le secteur nord pour les situations graves.

Les récits d’expérience le confirment : la gestion de la fatigue, l’attention portée à l’hydratation et à la récupération modèlent la réussite. Sur le GR20, chaque détail compte, du contenu du sac à la façon dont on savoure la première gorgée d’eau à l’arrivée au refuge. À la fin, ce sont ces choix-là qui tracent la ligne d’arrivée, bien plus que la force brute ou la seule volonté.

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