Les horaires d’accès au canyon de Gorropu ne laissent aucune place à l’improvisation. Selon les saisons, tout peut changer : ouverture retardée pour cause de pluie, fermeture anticipée sous un soleil de plomb. Sur ce terrain, l’équipement n’est pas une option : parfois, la mairie impose chaussures de montagne et casques, et personne ne déroge à la règle quand le thermomètre s’affole ou qu’un orage menace.
La desserte en transports publics joue à cache-cache avec les randonneurs. Certains jours, un bus s’arrête à proximité, les autres… il faut composer avec l’absence d’alternative. Choisir son point de départ demande donc réflexion, surtout que certains tronçons peuvent changer de statut en un clin d’œil, passant d’accès libre à réglementé sans prévenir.
Gorropu en Sardaigne : ce qu’il faut vraiment savoir avant de partir
La gola di Gorropu ne s’offre pas à la première paire de baskets venue. Ceux qui s’y aventurent savent qu’ils vont affronter le relief coriace du supramonte. Avant de rêver à la traversée de ce canyon, il vaut mieux sortir la carte routière sardaigne : la route, tortueuse à souhait depuis Dorgali ou Urzulei, teste patience et attention à chaque virage. Deux possibilités d’accès s’offrent à vous : la route de Genna Silana ou le pont de Sae. À chacun de choisir selon ses ambitions et la météo du jour.
Pour préparer votre voyage en Sardaigne, impossible de faire l’impasse sur le golfe d’Orosei. Cala Gonone concentre hébergements et prestataires pour équiper les randonneurs. Laissez-vous aussi surprendre par les villages de barbagia ou les paysages rudes du gennargentu : découvrir la Sardaigne intérieure, c’est accepter de sortir des sentiers battus. Ceux qui aiment tracer leur propre route optent pour un véhicule adapté à la montagne.
L’entrée dans les gorges est payante et l’accès se contrôle surtout lors des pics de fréquentation. L’eau, ici, se fait rare et précieuse : prévoyez largement, la chaleur sèche ne fait pas de cadeaux. Les guides locaux conseillent d’éviter d’attaquer la descente en pleine mi-journée. Quant au balisage, il reste minimal : mieux vaut avoir le sens de l’orientation, surtout si vous poussez jusqu’à Tiscali ou que vous visez la côte sauvage de cala Luna.
Le site de Gorropu appartient à ce territoire secret qu’est l’Ogliastra, à des années-lumière du tumulte du nord de la Sardaigne. Faites une pause à Orgosolo pour ses célèbres fresques murales, ou à Santa Maria Navarrese, point de départ pour explorer les criques du parc national. Les randonneurs endurcis choisiront de prolonger l’aventure vers Pedra Longa ou Cala Goloritzé, véritables sanctuaires minéraux, là où la mer rencontre le maquis.
Itinéraires, niveaux et conseils pour une randonnée sereine dans les gorges
Choisissez l’itinéraire adapté à votre condition
Voici les principaux chemins pour atteindre la gorge, à sélectionner selon votre expérience et vos envies :
- Depuis Genna Silana : c’est l’accès le plus direct à la gola di Gorropu. Comptez 4,5 km à descendre à l’aller, avec un dénivelé négatif de 650 m. Le retour, tout en montée, peut vite devenir un défi sous le cagnard.
- Depuis le pont de Sa Barva : plus long (autour de 7 km), cet itinéraire présente peu de dénivelé et offre parfois un peu d’ombre. Depuis Dorgali ou Urzulei, la route panoramique donne le ton, puis le sentier suit la rivière Flumineddu à travers la garrigue du supramonte.
Les randonneurs expérimentés se lancent parfois sur la traversée complète, reliant la gorge aux plateaux de Tiscali ou jusqu’à Cala Luna. Mais il ne suffit pas d’avoir de bonnes jambes : il faut aussi savoir s’orienter dans un décor sans repère et tenir la distance.
Préparez votre journée sans improvisation
Mieux vaut arriver tôt pour trouver une place sur le parking, surtout en été. La location de voiture s’avère quasiment indispensable : sans elle, difficile de rejoindre les départs depuis les hébergements de Cala Gonone. Équipez-vous sérieusement : chaussures à semelle rigide, au moins deux litres d’eau par personne, encas énergétique, chapeau, carte détaillée. Dès la matinée, la température grimpe vite, particulièrement en juillet et août.
Le site, classé en réserve naturelle, impose de respecter la signalisation : ne vous aventurez pas hors des sentiers balisés. Pour le retour, deux options : reprendre le chemin à pied ou réserver une navette 4×4 au niveau de l’entrée. Pour enrichir l’expérience, certains combinent la randonnée avec une excursion en bateau sur le golfe d’Orosei, jusqu’aux plages iconiques de Cala Goloritzé ou Cala Luna, récompense minérale et sauvage après l’effort.


